Elles sont une trentaine à se retrouver, chaque semaine, pour broder les noms des habitants des communes d’Allineuc, Uzel et Saint-Hervé, sur d’immenses toiles de lin.
Ces toiles de lin légères et résistantes étaent expédiées de Cadix jusqu’en Amérique du Sud, où elles étaient très appréciées pour la confection de vêtements. Elles ont assuré la propérité de la région du centre des Côtes-du-Nord, entre 1650 et 1830. Puis, l’industrialisation et la concurence d’aures textiles sonneront le glas de l’activité du lin.
Des toiles de 10 m
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 Brodeuses Pour ne pas oublier la grande époque des Toiles de Bretagne, qui ont assuré a propérité des Côtes-du-Nord entre le XVIIe et le XIXe siècles, divers projets artistiques fleurissent autour du lin. Comme celui de ces brodeuses, qui jouent du fil pour graver le nom des habitants costarmoricains d’Allineuc, Uzel et Saint-Hervé.
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Le traumatisme a été si fort que le sujet restera tabou, pendant plus d’un siècle.
Aujourd’hui, la mémoire rejaillit de l’oubli sous forme d’une Maison et d’une Route du lin, qui reliera le Trégor (où on le cultivait) et la région de Quintin et Loudéac (22), au fil des somptueuses demeures des riches tisserands.
Mais aussi au travers de projets artistiques associant la population.
Ainsi, cet atelier « broderie » animé par Béatrice Dacher, plasticienne [
1] : « L’objectif étant, au-delà de la démarche artitisque et créative, de susciter du lien social et des relations d’amitié via une émulation entre les trois communes. Le premier travail a consisté à collecter tous les noms des habitants d’Allineuc, d’Uezl et de Saint-Hervé sur les listes, dans les commerces et les mairies. Puis je les ai retranscrits sur trois toiles de 10 m sur 1,60 m chacune ». Les brodeuses ont pris la suite, jouant avec le fil de cinq bleus différents « symbolisant la fleur de lin ».
Le fil de l’histoire
Et, à l’évidence, elles ne boudent pas leur plaisir ces dames. Certaines connaissent la broderie, d’autres pas : « Mais on apprend vite car c’est une matière agréable à toucher et à travailler », assurent Marie-Lise et Marie-Claire, dont les doigts courent avec dextérité sur la toile. Et puis, c’est tellement plaisant de se rappeler le nom des gens. Ca évoque des souvenirs... Tiens, cette dame, on était amies quand on était jeunes puis on s’est perdu de vue. Aujourd’hui, je me retrouve à broder son nom, c’est marrant...
« Moi, je suis venue pour faire des connaissances car je viens d’arriver dans la pays de ma belle-famille », confie Anne-Marie, une jeune brodeuse, originaire de Tréguier (22) : « Broder des noms c’est agéable, c’est un peu une façon d’immortaliser l’histoire du pays. Et puis c’est aussi une manière de mettre un nom sur un visage, des gens que l’on connaît de ve. En plus, c’est rès convivial. »
Affichée
Et c’est ainsi que, sous la danse du fil bleu, elle cort, l’histoire du lin. La grande histoire d’un pays qui, en février, sear affichée au grand jour, les trois toiles reliées, sur le mur du siège de la communeauté de communes d’Uzel. Sans complexe et avec une fierté retrouvée.