Broderie et point de croix
Outre la broderie de Suzhou, trois autres genres de broderies sont célèbres en Chine : celle du Hunan, celle du Sichuan et celle du Guangdong. Pour la broderie de Suzhou, dont l’histoire remonte à un millénaire, les brodeuses sont connues pour leurs nombreuses créations.
Sous la dynastie des Qing, la belle brodeuse Shen Shou, du bourg Mudu à Suzhou, a introduit dans ses broderies les caractéristiques des tableaux occidentaux, consistant à rechercher la lumière et la perspective. Elle a crée, ainsi, une « broderie imitation de l’original ».
Dans les années 30 du siècle dernier, une enseignante de peinture à l’Ecole de fille de Zhengze, Yang Shouyu, a combiné la broderie traditionnelle de Suzhou en lui ajoutant une touche de toiles et de croquis, créant une broderie de style irrégulier.
La broderie traditionnelle de Suzhou met l’accent sur la « ressemblance », tandis que les beaux-arts contemporains soulignent la lumière et les couleurs de la nature. De ce fait, les sujets traditionnels de la broderie de Suzhou, tels que « les petits chats et les poissons d’or », « les paons et les pivoines », ont été remplacés par les peintures traditionnelles chinoises ou encore les photos d’excellente qualité.
En 1998, des broderies de Suzhou ont été exposées aux Etats-Unis pour la première fois, en qualité d’oeuvres artistiques, au lieu d’objets d’artisanat.
Selon Zhang Meifang, présidente du conseil d’administration de la S.A.R.L. de l’Institut de la broderie de Suzhou, Cet ouvrage est diffèrent des autres faits à la manière traditionnelle. Le tronc d’arbre noir doit laisser une impression de transparence, tandis que ces arbres multicolores doivent produire un choc de couleurs. Normalement les troncs d’arbres sont très denses, de même que leurs branches. Il conviendrait donc de comparer cette densité avec la rareté. Ce contraste est une percée sur le plan artistique.
Cet ouvrage est diffèrent des autres faits à la manière traditionnelle. Le tronc d’arbre noir doit laisser une impression de transparence, tandis que ces arbres multicolores doivent produire un choc de couleurs. Normalement les troncs d’arbres sont très denses, de même que leurs branches. Il conviendrait donc de comparer cette densité avec la rareté. Ce contraste est une percée sur le plan artistique.
Au début des années 80 du siècle dernier, le célèbre photographe américain, Robert, a été séduit par la broderie de Suzhou. Leur objectif étant commun, il a pu coopérer avec l’Institut de la broderie de Suzhou pendant une dizaine d’années.
« Le ruisseau neigeux » est un ouvrage copiant une photo faite par M. Robert sur la méthode irrégulière. L’ouvrage traduit parfaitement le charme de l’original, en y ajoutant la douceur et l’élégance de la broderie de Suzhou.
« Le nénuphar » imite le chef d’oeuvre de l’impressionniste français Monet. Adaptant toujours la méthode irrégulière, les brodeuses ont confondu le changement de lumière du nénuphar avec le mouvement de l’eau.
Il y a de l’originalité dans l’utilisation des sujets traditionnels. Dans une broderie de petits poissons, optant pour le style de la peinture traditionnelle chinoise, les brodeuses ont remplacée l’eau par des herbes aquatiques qui semblent légèrement frétiller.
Pour broder un chat, on met l’accent surtout sur l’oeil, que l’on brode avec des fils de soie de 26 couleurs différentes. On utilise aussi des fils, appelés quarante huitième de fils, aussi fins qu’un cheveu, pour broder les poils d’un chat.
Toujours selon Zhang Meifang, lors de sa visite, M. Wu Guanzhong, grand peintre chinois, a estimé que répéter la tradition signifiait revenir à zéro. Nous avons réalisé que le développement de la broderie de Suzhou devait être adaptée au changement de l’époque et qu’il fallait donner une nouvelle dynamique à la technologie traditionnelle pour créer sans cesse de nouveaux ouvrages artistiques.
En juin 2000, le prix Nobel en physique, le Dr. Li Zhengdao a été l’invité de l’Institut de la broderie de Suzhou. Il a proposé de créer un nouveau style de broderie, tellement différent qu’il ferait l’effet d’une expérience sur un super-collisionneur. A la fin de la même année, le style de broderie « la collision des nucléons d’or » a commencé. Des fils de soie de fibre chimique ont été utilisés pour montrer, grâce à la réfraction des fils, le laps de temps entre la collision à toute vitesse et la pénétration réciproque des nucléons d’or au cours de l’accélération.
Selon le célèbre peintre Ding Shaoguang, l’avenir des beaux-arts en Chine réside dans le fait de raconter des histoires chinoises dans une langue mondiale. La broderie de Suzhou raconte des histoires au monde dans le langage ancien de la broderie. La combinaison de la dextérité des brodeuses et de l’art moderne a donné un nouveau souffle à l’ancienne broderie de Suzhou.