Sans doute avez-vous déjà été attirée, dans votre mercerie, par des tapis miniatures colorés, des ouvrages qui mettent en scène des personnages africains ou qui évoquent des paysages lointains...
Ce sont des créations d’Annie Cicatelli, artiste textile que nous vous proposons de mieux connaître.
Enfance brésilienne
En 1963, la famille Cicatelli s’installe au Brésil, pays de forêts choisi par le papa d’Annie. Il est italien et travaille le bois. Sa maman est française. Très jeune donc, Annie baigne dans un monde multiculturel. Alors qu’elle fréquente un lycée français, elle rencontre une adolescente pensionnaire comme elle, qui manie le
crochet et l’aiguille... Elle lui apprend les techniques. Annie brode un peu...
Un réel attrait pour les couleurs et le travail manuel la pousse à ouvrir un magasin qui propose un large éventail d’articles textiles et d’artisanat. Ce sont des chômeuses qui alimentent le stock. Selon un programme défini, ces femmes, dans des situations personnelles difficiles, travaillent à domicile et revendent leurs travaux « fait main ». Ce désir d’aider l’autre, cette philanthropie ne sera d’ailleurs pas éphémère !
Retour en France
En 1987, Annie rentre en France. Elle étudie pendant 10 ans. L’activité broderie la reprend. Elle devient boulimique et achète, achète encore, achète toujours...
Par hasard, elle découvre en bibliothèque « Le Grand Guide du Tapis » de Jacques Anquetil, une merveille ! Une irrésistible envie de tapis l’assaille. Annie commence à en dessiner en miniature, sur du papier quadrillé, avec des crayons de couleurs puis exécute la broderie, toujours sur toile Aïda, « faute de ne plus avoir d’yeux pour le lin. » Annie fait énormément de modèles, en respectant souvent les mêmes dimensions, 14 cm x 20 cm. Chaque création induit des recherches sur les couleurs, les symboles et l’histoire de pays. Le plus souvent possible, en voyageuse insatiable, elle se rend sur place. Elle rencontre des femmes, les observe, se nourrit de leur histoire, étudie leur culture, relève les motifs figurant sur les œuvres textiles et s’en imprègne de la beauté de leurs teintes... Burkina Faso, Sénégal, Mali, Madagascar, Tunisie, Italie, Portugal... la liste des pays où elle a « bourlingué » est longue.
Les tapis d’Annie
En 1998, dans le cadre de la première exposition organisée par “
le club Linas point de croix”, que tous les crucufilistes connaissent, Annie montre quelques tapis brodés. L’intérêt est immédiat. Beaucoup de visiteurs la sollicitent pour avoir les diagrammes... Annie commence alors à commercialiser ses créations sous forme de grilles. En passionnée, elle continue à concevoir et broder de nouveau « tableaux de sol ». Elle en brode même de très grands avec de la laine sur de la
toile de jute.
Annie aborde aussi d’autre thème, avec toujours le même besoin d’évasion : les masques, les tissus aux motifs variés, les bijoux, les carreaux de faïence, les recettes de cuisine exotiques...
Des publications variées
Plus récemment, aidée par sa condisciple Fatima Magalhães, Fati pour les intimes, Annie a publié «
Paris point par point », un guide de poche très judicieux qui recense, par arrondissement et en région parisienne, les bonnes adresses broderie et art textile, les cours et les stages, les musées et les galeries.
Les ateliers de broderie
Annie anime des ateliers qui réunissent 6 à 10 participantes. Ils ont pour objectif de parler des points comptés et de présenter le point de croix comme un point compté et non
le point compté. Elle aborde l’historique du point de croix, enseigne la technique pour la réalisation d’un envers aussi beau que l’endroit et vulgarise des points comptés faciles er agréables à broder. Vous êtes intéressée ? N’hésitez pas à contacter Annie qui avoue d’ailleurs que la rencontre de crucifilistes, que ce soit dans les associations ou les merceries, est un moment privilégié... qui contribut à son épanouissement...