Broderie et point de croix

Chine

Les vêtements brodés des Miao

 

Les vêtements brodés des Miao

La région du sud-est du Sichuan est l’endroit où Zeng Xianyang, expert en us folklorique du Guizhou a collecté la plupart des vêtements antiques des Miao. Ces vêtements utilisent le plus souvent deux couleurs vives : le rouge et le noir. Quel est le sens intime de ces deux couleurs chez les Miao ?

C’est le vêtement des Miao du Sud-Est du Guizhou. Toutes les jeunes femmes pas encore mariées ou qui viennent de l’être aiment broder des fleurs de couleur rouge. Dans le coeur des femmes antiques, le sang est rouge. Le rouge était donc lié de manière évidente à la vie. Le rouge exprime la vigueur de la vie et l’activité. Les vêtements des jeunes et ceux des anciennes ne sont pas les mêmes. Quand elles sont plus âgées, les femmes portent des vêtements décorés de fleurs violettes. Le fond du tissu est toujours noir, quelque soit l’âge des femmes qui le portent. Dans l’antiquité chinoise, on appréciait le noir. Il donnait un sens mystérieux du fait qu’on le rapportait aux ténèbres. Le noir nous aveugle. Il peut faire disparaitre tous les objets visibles, grands comme les montagnes, les rivières ou les maisons, ou petits comme les arbres. Par conséquent, le noir plonge les gens dans des pensées profondes.

Zeng Xianyang nous a parlé des différentes méthodes utilisées pour broder des motifs minutieux et a évoqué les significations profondes de ces dessins, aujourd’hui beaucoup plus rares dans les villages Miao. Il faut de 6 à 8 ans au moins pour achever un costume miao, brodé avec beaucoup d’attention et de délicatesse. Le vêtement finalement confectionné n’est porté par les femmes que les jours importants, peu nombreux dans la vie d’une femme. Alors pourquoi faut-il broder ces costumes avec tant de minutie et pendant si longtemps ?

La femme met tant de temps à broder les motifs de ce costume en vertu d’un sens profond. Elle souhaite le montrer à ses ancêtres et le fait selon une croyance, une conception de l’héritage et de l’ascendance. Elle pense que le malheur et le bonheur humain sont le fruit de la volonté divine. C’est pourquoi l’on ne tolère aucun défaut sur chaque point d’aiguille.

En juin 2000, l’UNESCO a organisé au Yunnan une « Exposition sur l’habillement des ethnies de 4 pays asiatiques ». De nombreux experts et amis étrangers se sont émerveillés devant 150 anciens vêtements des Miao, collectionnés et exposés par Zeng Xianyang.

Lors de l’exposition, ce vêtement a fait l’admiration d’une experte en broderie japonaise. Elle a souhaité observer l’objet de près. Elle a pris sa loupe et pris des notes. Elle a expliqué qu’elle avait fait des recherches sur la broderie pendant toute sa vie mais qu’elle n’avait jamais pu admirer de ses yeux un article aussi riche et authentique. Mais qu’avait-elle fait ces 40 dernières années ? Elle n’avait jamais vu une broderie de telle qualité. C’est pourquoi en la voyant elle éprouvait du bonheur et de la mélancolie.

Sur les anciens vêtements des Miao, de nombreux autres motifs mystérieux n’ont toujours pas été déchiffrés.

L’interprétation de ces codes et informations remontant à la haute antiquité est la voie principale de la recherche en civilisation préhistorique. Le défi lancé est celui de la compréhension d’une culture sans écriture. Zeng Xianyang a déclaré qu’il consacrerait toute sa vie à la publication du contenu culturel rarement connu des costumes antiques des Miao. Il souhaite fournir au plus grand nombre de gens possible la possibilité de connaître la diversité de la culture de la nation chinoise.

Répondre à cet article
 
 
secret_administration