Broderie et point de croix
Exposition du 31 mai au 23 avril
Maison du Gouverneur, 151 rue du Faubourg Saint-Antoine, 75011 Paris.
A partir du 31 mars, la Maison du Gouverneur présente pour la première fois en Europe les créations d’une jeune designer du Nagaland, Ajungla Imchen, qui a su marier les techniques les plus traditionnelles du Nord-Est de l’Inde à des motifs très contemporains, puisés dans des répertoires tout autres que celui du textile.
La designer Ajungla Imchen
C’est pendant ses études à l’Ecole de stylisme de Shantineketan (près de Delhi en Inde) fondée par le philosophe Rabindranath Tagore, qu’Ajungla Imchen fait l’apprentissage des techniques et des motifs traditionnels du Nord Est de l’Inde, une région à la croisée de diverses influences culturelles. Cette jeune femme de 28 ans, originaire de l’Etat du Nagaland, également diplômée de littérature britannique, a créé depuis peu la société G-Gan, pour développer un artisanat textile qui prend ses sources dans la tradition mais intègre des éléments contemporains. Elle fait travailler des artisans, en majorité des femmes, à la fois du Nagaland, de l’Assam et de l’Ouest Bengale. Au-delà du développement créatif, G-Gan fait en sorte que ces artisans prennent conscience de la valeur de leur travail et maintiennent un haut niveau de qualité dans la production pour leur assurer une stabilité professionnelle. Depuis sa création, la société a déjà diffusé ses produits dans plusieurs boutiques en Inde comme chez Earth & Grass Workshop (Delhi), The Bombay Store (Bombay) et Yamini (Bangalore). Tout récemment, elle a présenté une exposition à la Chambre de commerce indo-allemande de Delhi.

La technique et les motifs
![]() La technique |
La nouveauté naît du mariage entre la broderie traditionnelle kantha (Ouest Bengale) et certains motifs populaires Naga. La broderie kantha, basée sur le point de devant, trouve ses origines dans les régions rurales du Bengale et apparaît sur les couvertures et les sacs. Avant tout un passe-temps pour les femmes, elle leur permet aussi de transmettre leur identité culturelle. Elle est dominée par des motifs végétaux et animaliers qui expriment souvent des vœux et des prières, soit pour la sauvegarde du foyer, soit pour espérer une grande progéniture, ou encore pour réclamer de belles moissons.
La réalisation suit plusieurs étapes très précises (voir photographie jointe) :
Le tissu de base est fixé sur une longue table en bois
On place au-dessus un papier perforé avec le motif voulu qui servira de pochoir
Une encre lavable est passée à l’aide d’un pinceau sur la surface pour former le motif
Les motifs sont alors brodés, en suivant le tracé délimité par l’encre, ce qui donne du relief et du contraste à l’étoffe
![]() Les motifs |
La designer Ajungla Imchen conserve la technique kantha tout en appliquant des motifs contemporains inspirés de la vannerie, des tatouages et des sculptures du Nagaland. Il s’agit donc de faire dialoguer plusieurs traditions et de montrer qu’elle peuvent donner naissance à un nouveau style.