Broderie et point de croix

La broderie dans le Monde - Maroc

Un nouveau catafalque pour le tombeau de Moulay Idriss al Azhar

La nouvelle « Kessoua » remplace l’ancienne, faite en 1974
 
Après 31 ans, un nouveau Catafalque ou « Kessoua » a été confectionnée par deux frères artisans selliers, descendants de Moulay Idriss Al Azhar, fondateur de la ville de Fès en l’an 808 de l’ère chrétienne (192 H). La présentation de ce catafalque dans une demeure ancienne de la médina « Dar Bousdlikhen » s’est déroulée dans le cadre de la traditionnelle cérémonie organisée rituellement le jeudi qui précède celui de l’inauguration officielle du Moussem de Moulay Idriss Al Azhar.

Kessoua - 32.1 koEmpreinte d’un climat de piété, la cérémonie qui donne ainsi le coup d’envoi aux préparatifs du moussem religieux et culturel de Moulay Idriss Al Azhar qui sera célébré officiellement le 29 septembre courant, s’est déroulée en présence du wali de la région et gouverneur de la préfecture de Fès M. Mohammed Rharrabi, des chorfas Idrissides et de plusieurs personnalités civiles et militaires.

Appelée « Itaam Al Kessoua », la cérémonie rituelle fut agrémentée, comme à l’accoutumée, des airs de musique andalouse et populaire animés par des orchestres et troupes tenant à être présents à ce rendez-vous sacré afin de donner tout l’éclat de rigueur à cette assemblée matinale.

De même qu’une causerie religieuse sur le parcours et l’œuvre de Moulay Idriss Al Azhar qui a consacré sa vie durant à la propagation de l’Islam et à la consolidation de l’Etat-nation au Maroc fut également animée par le doyen des chorfas idrissides et lauréat de la Quaraoyuine, Al Alem Mohammed Ben Abbsas Idrissi Kaïtouni.

Cependant cette année, la confection de la “Kessoua” de Moulay Idriss possède un caractère particulier. La nouvelle Kessoua est bien là, réelle et neuve car l’ancienne a été faite en 1974 par Ben Hayoune Mohssine.

Aujourd’hui, ce sont deux frères, Fouad et Hassan Ben Allal Idrissi Kaïtouni, artisans selliers de renommée, qui ont décidé de créer un nouveau catafalque devant recouvrir le tombeau de leur ancêtre. De couleur rouge et brodé de fils d’or dans un tissu en feutre (Melfe) de qualité.

C’est ainsi que l’un des frères, Fouad Idrissi Kaïtouni, a expliqué à la Map, que l’histoire ne compte que trois confections de la kessoua de Moulay Idriss. La spécificité de cette dernière est qu’elle comporte une innovation : Pour des raisons d’ordre pratique, une ouverture a été faite pour permettre l’accès à l’intérieur du tombeau sans pour autant enlever le catafalque.

Cet accès direct au tombeau du saint, interdit aux visiteurs, est destiné uniquement à l’usage royal, lors des visites de SM le Roi dans le mausolée a-t-il dit.

Cette création de porte mobile en bois au sein même du catafalque a pour but de sauvegarder la beauté de la structure.

Refusant de dévoiler le coût de cette belle oeuvre d’art artisanal, Fouad Idrissi Kaïtouni a indiqué que sa valeur est inestimable et que bien qu’elle soit entièrement faite à la main, l’estimation pécuniaire n’est pas la plus importante.

Pendant huit long mois, quarante femmes artisanes se sont chargées de la broderie des quarante pièces que composent le catafalque. Chacune des artisanes a soigneusement et artistiquement reproduits en fils d’or des versets coraniques choisis.

Ces derniers bien sûr ne sont pas inscrits au hasard. Les auteurs de cette pièce d’art à usage spirituel ont volontairement dicté les versets à broder sur chaque pan du catafalque pour refléter le sens du lieu et de la situation.
La confection du catafalque, a tenu à faire savoir Fouad Idrissi Kaïtouni, ne se fait pas chaque année.

Seule la coutume veut qu’on transporte le catafalque du Mausolée vers un lieu déterminé pour donner lieu à l’organisation d’une cérémonie le premier jeudi du moussem, qui précède celui de la journée officielle.

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