En pleine crise du textile entre Occidentaux et Chinois, le ministre français de l’Economie Thierry Breton a assuré lundi avoir « bon espoir » qu’une solution soit trouvée avec Pékin, lors d’une rencontre avec Zhang Xiaoqiang, vice-président de la Commission d’Etat à la réforme et au développement.
A l’issue de cet entretien, il a rappelé devant la presse que ce « dossier difficile » était désormais « négocié directement » par l’Union européenne avec ses homologues chinois, via le commissaire Peter Mandelson. « Nous nous sommes expliqués » et « nous avons bon espoir que (celui-ci) trouve une solution », a ajouté Thierry Breton.
De son côté, M. Zhang, qui a rang de vice-Premier ministre, a qualifié d’« excellent » son entretien avec M. Breton. Il s’est cependant refusé à commenter cette question. Mardi, le ministre chinois du Commerce Bo Xilaï rencontrera M. Breton et « ils évoqueront encore plus en profondeur ce dossier », selon lui. Le sujet avait déjà été au coeur d’un entretien dans la matinée entre M. Bo et le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, a-t-il précisé.
La Commission européenne a approuvé la semaine dernière l’ouverture d’une enquête sur l’arrivée massive sur le marché européen de textiles chinois à des prix défiant toute concurrence. Elle porte sur neuf catégories de vêtements, dont les T-shirts, pull-overs, chemisiers, bas et chaussettes ou soutiens-gorges. Les Etats-Unis ont également lancé une enquête.
La procédure prévoit une phase initiale de deux mois pour mener des consultations informelles avec la Chine. Cette période préliminaire doit être suivie d’une phase de trois mois consacrée aux négociations formelles. Toutefois, face à un risque de dommages irréparables à son industrie, l’UE peut imposer sous 15 jours des mesures d’urgence, telles que des quotas d’importation.
Depuis la fin du système mondial de quotas sur les exportations de textiles le 1er janvier dernier, à l’expiration des accords multifibres (AMF) qui régulaient le marché dans le cadre de l’OMC, les vêtements « made in China » à bas prix inondent le marché européen mais aussi nord-américain. Selon les produits, la hausse des importations se situe entre 51% et 534%, affirme la Commission européenne.